L’objet de cet article, disponible sur le site (www.dpee.sn), est de déterminer comment l’emploi pourrait contribuer à lutter contre l’émigration irrégulière au Sénégal. A cet égard, un modèle logistique a été utilisé, pour identifier les facteurs socio-économiques amplifiant les risques de migration irrégulière, tandis qu’une analyse input-output a permis d’identifier les secteurs à fort potentiel de création d’emplois susceptibles d’atténuer cette pression migratoire. Les résultats montrent que le manque d’opportunités, particulièrement dans la pêche et l’agriculture, ainsi que la rareté des ressources, incitent fortement à l’exil, notamment chez les jeunes de 18 à 35 ans et les personnes sans qualification.
L’analyse territoriale met en évidence que les régions économiquement fragiles connaissent des taux élevés d’émigration, tandis que les pôles urbains et industriels offrent davantage de stabilité. L’approche input-output révèle des différences entre secteurs en matière de création d’emplois : l’agriculture et l’élevage génèrent une majorité d’emplois directs (79 % et 51 % respectivement), alors que la pêche et l’industrie agroalimentaire s’appuient davantage sur des emplois indirects (64% et 68% respectivement) liés à la transformation et la logistique.
Les services, notamment le tourisme et l’immobilier, constituent des moteurs d’emplois indirects, alimentant des chaînes de valeur stratégiques. L’étude souligne la nécessité d’une approche intégrée, combinant soutien aux secteurs intensifs en main-d’œuvre, développement des infrastructures de transformation, accès au financement pour les jeunes entrepreneurs et renforcement de la formation professionnelle.


