Note de conjoncture novembre 2009

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La conjoncture économique mondiale est actuellement caractérisée par une vaste polémique sur la reprise de l’activité, après les contreperformances enregistrées en 2009, suite à la crise financière internationale. En effet, plusieurs scénarii sont développés pour tenter de donner une orientation au redressement de l’économie globale. Toutefois, l’économie mondiale devrait connaître en 2009 la plus sévère récession depuis des décennies, avec un taux de croissance négatif de 1,1% contre une croissance positive de 3% en 2008. La reprise de l’activité est prévue en 2010, avec une croissance mondiale estimée à 3,1%.

Dans ce contexte, les prix à la consommation, dans la plupart des pays avancés, ont renoué avec la hausse, en novembre 2009, pour la première fois depuis plusieurs mois de baisse. Cette résurgence de l’inflation est un signe de la reprise économique en cours, même si le rythme de hausse devrait rester faible durant les prochains mois.

Au niveau des marchés financiers, la situation se caractérise par le maintien des taux directeurs à leur niveau actuel dans la plupart des banques centrales des pays avancés, notamment les Etats-Unis, la zone euro et le Japon. En effet, depuis l’éclatement de la crise, apparue sur le marché des crédits hypothécaires à risque, toutes les banques centrales occidentales ont systématiquement abaissé leur taux d’intérêt pour lutter contre la crise financière.

Sur le marché mondial des matières premières, les cours connaissent un léger rebond pour la plupart des produits et traduisent ainsi les premiers signes de reprise de l’activité économique.

Cependant, la prudence reste de mise sur cette évolution dans un contexte de récession mondiale dont l’issue demeure toujours incertaine. En effet, le raffermissement généralisé des prix est fortement lié au redémarrage réel de l’activité économique mondiale.

L’activité économique interne, mesurée par l’Indice Général d’Activité (IGA), proxy du PIB hors agriculture et administration, a enregistré au mois de novembre 2009, une baisse de 8,0%, en variation mensuelle. Cette évolution est consécutive à la baisse généralisée observée dans tous les secteurs d’activité. Durant cette période, les secteurs secondaire et tertiaire ont accusé une baisse de 15,2% et 4,0% respectivement. Le sous secteur de l’élevage a suivi la même tendance baissière, affichant un repli de 21,2%.

Toutefois, au terme des onze premiers mois de 2009, l’activité, mesurée par l’IGA a enregistré une évolution positive de 0,1%. Cette quasi-stabilité est en conformité avec l’objectif, en fin d’année, d’une croissance économique globale de 1,2%. Cette croissance de l’IGA a été favorisée par la bonne tenue des activités du secondaire et de la pêche qui ont enregistré respectivement une hausse de 3,6% et de 3,0%. Les activités du secteur tertiaire ont légèrement fléchi de 0,9%, tandis que celles du sous secteur de l’élevage ont nettement baissé de 5,5%.

S’agissant des résultats de l’enquête d’opinion auprès des chefs d’entreprises, les principales contraintes évoquées, durant le mois de novembre 2009, portent essentiellement sur l’insuffisance de la demande, pour 37,5% des chefs d’entreprises dans le secteur industriel et pour 38,5% dans les services. Dans le sous secteur des bâtiments et des travaux publics, c’est principalement le recouvrement des créances qui constitue le principal obstacle pour 60% des entrepreneurs. Au niveau du sous-secteur commercial, l’environnement des affaires a été cité par 57,1% des commerçants comme principale contrainte au développement des activités.

Les prix à la consommation du mois de novembre 2009 se sont inscrits en baisse de 0,7%, en variation mensuelle. Cette évolution s’explique principalement par le repli des prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées.

Les prix des produits locaux se sont repliés de 0,7% et ceux des produits importés de 0,3%, par rapport au mois d’octobre 2009. Quant à l’inflation sous-jacente[1], mesurée par les prix hors produits frais et énergétiques, elle est ressortie en baisse de 0,2%, en variation mensuelle.

En moyenne sur les onze premiers mois de l’année 2009, l’inflation s’est établie en baisse de 0,9% par rapport à la même période de 2008. Le ralentissement globalement observé sur les prix à la consommation dans la zone UEMOA, depuis plusieurs mois, se poursuit, avec une inflation moyenne sur les onze mois de 2009 estimée à 1,2%. Toutefois, comparativement à l’année précédente, seul le Niger (4,9%) affiche un taux d’inflation supérieur au seuil de convergence de 3%. Le Sénégal et la Guinée-Bissau affichent les taux d’inflation les plus bas avec respectivement -0,9% et -1,2%.

Au mois de novembre 2009, l’économie sénégalaise a enregistré des gains de compétitivité estimés à 0,8%, en variation mensuelle, en raison du différentiel d’inflation favorable (0,9%), légèrement atténué par l’appréciation du FCFA par rapport à la monnaie des pays partenaires. En moyenne, sur les onze premiers mois de 2009, la compétitivité de l’économie s’est améliorée de 0,8%, grâce au différentiel d’inflation favorable (-3,3%), malgré l’appréciation du franc CFA de 2,6%.

Les échanges commerciaux avec l’extérieur ont été caractérisés, entre octobre et novembre 2009, par des hausses des exportations de 7,2% et des importations de 11,6%. En revanche, en cumul sur les onze premiers mois de 2009, les exportations et les importations ont enregistré des baisses respectives de 8,9% et 16,6%, comparées à celles de la même période de l’année 2008. Le déficit de la balance commerciale s’est creusé, en s’établissant à 110,9 milliards au mois de novembre 2009, contre 96,8 milliards le mois précédent, soit une détérioration de 14,5%. En cumul sur les onze premiers mois de 2009, le déficit est estimé à 932,7 milliards, contre 1240,8 milliards la même période de l’année précédente, soit une amélioration de 24,8%. Concernant le commerce intra-communautaire, le Sénégal a enregistré un excédent de 14,4 milliards en novembre 2009, soit plus du double du niveau enregistré le mois précédent (6,5 milliards) et sur les onze premiers mois de 2009, l’excédent commercial est de 157,8 milliards, contre 173,4 milliards à la même période en 2008, en détérioration de 15,6 milliards.

S’agissant des finances publiques, au terme des onze premiers mois de 2009, la gestion budgétaire s’est ressentie des répercussions du ralentissement de l’activité économique. En effet, les recettes budgétaires ont enregistré une progression de 2,9% par rapport à la même période de 2008 pour se chiffrer à 993,2 milliards ; tandis que les dépenses totales et prêts nets ont évolué de 8,4%, avec un montant estimé à 1365,2 milliards. Le taux de recouvrement des recettes budgétaires, à fin novembre 2009, est chiffré respectivement à 85,6% et 82,6% par rapport à l’objectif annuel révisé du cadrage macroéconomique (1160 milliards) arrêté avec le FMI et par rapport au montant prévu par la Loi de Finances Rectificative de 2009 (1202 milliards).

Le solde global[2] (base ordonnancement) dons compris est ressorti en déficit de 246,4 milliards, à fin novembre 2009, contre un déficit de 190 milliards, à fin novembre 2008.

Quant au solde budgétaire de base[3] (hors PPTE et IADM), il est évalué provisoirement en déficit de 147,9 milliards, soit au-dessus du plafond fixé à 119 milliards dans le programme pour fin décembre 2009.

Enfin, la situation estimée des institutions monétaires, à fin novembre 2009, est marquée par une augmentation des avoirs extérieurs nets de 15,2 milliards, un renforcement du crédit intérieur de 0,4% et, en contrepartie, une expansion de la masse monétaire de 20,9 milliards, soit 1%.

L’encours du crédit intérieur se situerait à 1605,6 milliards, à fin novembre 2009, enregistrant une hausse de 5,7 milliards ou 0,4% par rapport au mois précédent, en liaison avec les crédits accordés au secteur privé et les créances nettes du système bancaire sur l’Etat. Ces dernières se chiffreraient à 140,1 milliards, à fin novembre 2009, soit une hausse de 0,5 milliard en rythme mensuel.

Concernant les crédits octroyés par le système bancaire au secteur privé, ils se positionneraient à 1465,5 milliards, à fin novembre 2009, contre 1460,3 un mois auparavant, soit une augmentation de 0,4%. Cette situation traduirait l’évolution des crédits ordinaires qui s’établiraient à 1451,5 milliards, à fin septembre 2009, contre 1446,3 milliards, à fin octobre 2009. Les crédits de campagne resteraient à leur niveau de 14 milliards du mois précédent.

A fin novembre 2009, l’encours des créances accordées par le système bancaire au secteur privé serait constitué de 952,6 milliards de crédits à court terme (65%), de 439,6 milliards de crédits à moyen terme (30%) et de 73,3 milliards de crédits à long terme (5%). Cette faiblesse de la part des crédits à long terme dans le financement bancaire du secteur privé atteste d’un déficit certain du financement de l’investissement.

[1] Ce concept donne une idée de l’inflation résultant du processus économique intérieur. Il exclut de l’observation, les biens et services dont les prix se forment sur le marché mondial, ainsi que ceux caractérisés par des variations erratiques. En l’absence de définition précise généralement acceptée sur le plan international, l’indice considéré est obtenu en excluant de l’indice général, l’énergie et les produits frais.

[2] Solde global (base ordonnancement) = recettes budgétaires + dons - dépenses totales et prêts nets

[3] Solde de base = recettes budgétaires +dons – dépenses totales et prêts nets + dépenses en capital sur ressources extérieures + prêts rétrocédés

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