Note de conjoncture Avril 2008

Download

Le ralentissement de l’économie mondiale, entamé dés les premiers mois de 2007, s’est poursuivi début 2008, conforté par la poursuite de la hausse des prix des matières premières, la morosité de l’investissement productif qui continue de pâtir de la gestion restrictive des demandes de financement de la part des banques affectées par la crise financière dans les pays avancés et la baisse de la consommation des ménages qui ont vu leur pouvoir d’achat amputé par la hausse des prix. De 5,2% en 2007 contre 5,4 en 2006, la croissance économique mondiale est prévue à 4,8% en 2008. Toutefois, l’ampleur du ralentissement n’est pas uniforme et les disparités s’accentuent entre les différentes régions du monde.

S’agissant de l’inflation, elle est devenue aujourd’hui un phénomène mondial préoccupant qui n’a épargné aucune zone économique. Elle est nourrie par les fortes hausses des prix des produits de base, notamment les produits énergétiques et alimentaires qui ont atteint des niveaux historiquement élevés.

Sur le marché des capitaux, malgré un calme relatif, les marchés financiers internationaux continuent de subir les effets des perturbations provoquées par la crise des prêts immobiliers à risques consentis à une clientèle peu solvable à un taux d’intérêt majoré.

Les prix des matières premières ont poursuivi leur tendance haussière en avril 2008, notamment en ce qui concerne le pétrole et les produits alimentaires dont les céréales et les oléagineux. Ainsi, globalement, les tensions sur les prix des produits de base ont fortement impacté les prix à la consommation, mais de façon différenciée.

L’activité économique intérieure est caractérisée par une bonne tenue des activités dans les secteurs secondaire et tertiaire. La situation du secteur primaire est marquée par au niveau du secteur agricole, par un niveau de collecte relativement faible, une baisse mensuelle de la production de viande et une hausse des débarquements.

Au niveau du secteur agricole, la campagne de commercialisation de 2007/2008 est marquée par un niveau de collecte de 18% de graines d’arachide et 78% pour le coton graine.

Concernant l’élevage, on note une bonne tenue de la production contrôlée de viande au mois d’avril 2008, malgré la baisse de 3,1% observée en variation mensuelle. En effet, en glissement annuel, la production du mois d’avril 2008 et celle cumulée sur les quatre premiers mois de 2008, a respectivement augmenté de 16,3% et de 15,7%.

Au niveau du sous secteur de la pêche, les débarquements de la pêche, au mois d’avril 2008, ont progressé de 6,0% en variation mensuelle et 0,6% en glissement annuel. Le cumul des quatre premiers mois de 2008 par rapport à celui de l’année précédente, affiche également une hausse de 6,2%.

S’agissant du secteur secondaire, le chiffre d’affaires a augmenté de 4,9% par rapport au mois précédent et de 12,7% en glissement annuel. Ces résultats appréciables ont été favorisés par la reprise observée dans le sous secteur de l’industrie et le dynamisme des activités des bâtiments et des travaux publics. Le chiffre d’affaires moyen des quatre premiers mois de 2008 a augmenté de 14,7% par rapport à la même période de 2007, grâce à la bonne tenue des activités au niveau de l’industrie et des bâtiments et de travaux publics.

Par ailleurs, les entreprises du secteur secondaire ont cité comme principales contraintes dans l’exercice de leurs activités, l’environnement des affaires dans le secteur industriel et les créances publiques dans les bâtiments et les travaux publics.

Les activités du secteur tertiaire se sont bien comportées durant le mois d’avril 2008. Le chiffre d’affaires des services a connu une hausse de 9,2%, imputable à presque tous les sous secteurs et le commerce s’est accru de 4% grâce au commerce de gros et de carburant. En glissement annuel, les services ont évolués de 29,2% et le commerce de 20,3%. La moyenne des quatre premiers mois de 2008 par rapport à celle de 2007, est en hausse de 16,9% et 2,7% respectivement pour les services et le commerce.

Les chefs des entreprises du secteur tertiaire ont cité comme principales contraintes à l’exercice de leurs activités, l’environnement des affaires.

Le niveau général des prix au mois d’avril 2008 n’a pas connu de hausse importante par rapport au mois précédent (0,4%). Par rapport au mois d’avril 2007, les prix à la consommation ont enregistré une forte augmentation (5,2%). Cette situation est largement imputable à l’augmentation des prix des produits alimentaires (9,2%), des transports (6,8%) et des services de restaurations et d’hôtellerie (10,6%). La contribution des produits locaux à l’inflation est équivalente à celle des produits importés.

Malgré un différentiel d’inflation favorable de 0,4%, l’économie sénégalaise a connu, au cours du mois d’avril 2008, de légères pertes de compétitivité évaluées à 0,2% relativement au mois précédent, imputables à l’appréciation de l’ordre de 0,6% du franc CFA vis-à-vis de la monnaie des pays partenaires. En glissement annuel, les pertes de compétitivité sont estimées à 4,3% en avril 2008, et à 3,6% en moyenne sur les quatre premiers mois de l’année 2008.

Les échanges commerciaux, au mois de d’avril 2008, sont marqués par des hausses de 11,7% et 33,3% respectivement pour les exportations et les importations. Cette situation a causé un creusement de 48,5 milliards du déficit de la balance commerciale qui est passé de 104,4 milliards à 152,9 milliards entre mars et avril 2008.

Au total, le déficit de la balance commerciale s’est situé à 502,4 milliards contre 406,7 milliards l’année passée à la même période. S’agissant des échanges intra-communautaires, un excédent commercial de 15,9 milliards est enregistré en avril 2008 contre 14,4 milliards au mois précédent. Globalement sur les quatre premiers mois de 2008, le solde commercial vis-à-vis des pays de l’UEMOA est excédentaire de 57,6 milliards.

Les recouvrements de recettes budgétaires cumulés à la fin avril 2008 se chiffrent à 378,3 milliards contre 355 milliards à la même période de l’année précédente soit une hausse de 23,3 milliards. Par rapport aux objectifs cumulés d’un montant de 391,3 milliards, à fin avril 2008, il ressort une moins value provisoire de 13 milliards. Ces recouvrements intègrent les remboursements de droits suspendus pour un montant de 13,1 milliards.

Quant aux dépenses totales et prêts nets, ils sont estimés à fin avril 2008 à 434,8 milliards, soit une hausse de 8,2 milliards par rapport à la même période de l’année précédente. Ainsi, le solde global base ordonnancement dons compris est évalué à fin avril 2008 en déficit de 38,8 milliards et le déficit du solde de base à 13,4 milliards.

La situation estimée des institutions monétaires, comparée à celle de la fin du mois précédent, est marquée par une consolidation des avoirs extérieurs nets, un renforcement du crédit intérieur et une expansion de la masse monétaire.

Download
en
Newsletter